Lettre ouverte à Gérard Depardieu

Salut Gérard,

Comment vas-tu ? J’espère que tu as beau temps chez toi. Ici, il fait encore un peu frisquet mais depuis quelques jours, on commence à avoir du soleil. Tu sais, j’ai été malade ! Mais ça va mieux.

Ici, les choses bougent, mon Gérard ! La Société est en train de se transformer, on vit des moments incroyables !

On a le mariage pour tous ! Ma Christiane et mon François, ils viennent de rattraper 10 ans de retard sur la Belgique, comme ça, tchac ! On n’a plus rien à leur envier à ces espèces d’étrangers qui nous ont piqué notre langue. Il y a un petit malin qui a dit qu’il y avait un projet de loi pour rendre les frites obligatoires. C’est rien que pour te faire râler. Comme celui qui a dit, en parlant de toi, que les gens bons vivants sont des porcs. Laisse dire. N’écoute pas ! Les gens sont vulgaires, mon Gérard.

On va enfin redonner des farines animales aux poissons ! 15 ans qu’on les affamait, ces malheureuses bêtes ! 15 ans qu’on leur disait : oui, oui, demain, demain… Tu te rends compte ? Même ma Brigitte, en 15 ans, elle les a regardés mourir de faim sans rien dire ! En tout cas ça a fait râler mon Jové ! Mon José Beauvais, il veut des étiquettes sur les poissons maintenant ! Il est rigolo, mon Jové. Il a pas compris que les gens, ils lisent pas, ils préfèrent regarder la télé. De toute façon au goût, c’est pareil. C’est déjà difficile de faire la différence entre du bœuf et du cheval, alors de là à dire ce qu’a mangé la bestiole…

C’est vrai que toi, tu es capable de savoir ce qu’a mangé un grain de raisin rien qu’en trempant ton nez dans du vin. Malheureusement, tout le monde n’a pas ton talent, mon Gérard. Tiens, d’ailleurs, il faudrait que tu passes à la boutique ! C’est un petit magasin de fleurs dans le 93, ça sent très bon. Tu pourrais tremper ton gros nez partout ! Ça me ferait plaisir de te voir content. En France. Plus de 186 jours par an.

Je sais que tu as vécu des choses pas drôles. Personne ne devrait survivre à son enfant. Même mon Philippe, il le sait. Il dit des choses, comme ça, mon Philippe Torreton mais… Il faudrait qu’il passe à la boutique lui aussi.

Et mon Jean-Marc ! Mon con ! Mon Jean-Marc Ayrault ! Il a pas le fond méchant ! Il arracherait pas trois ailes à une mouche. Ça l’a contrarié cette histoire. Quand j’étais un tout jeune entrepreneur, il m’est arrivé, à tort ou à raison, de vivre la démission d’un salarié comme un échec personnel. Mon Jean-Marc, c’est pareil, il se sent responsable. Il est sensible, il prend les choses à cœur ! Et un constat d’échec, ça peut être douloureux. Son inconscient a peut-être juste projeté sur toi ce qu’il ne pouvait pas supporter pour lui-même. Je ne sais plus exactement le terme qu’il a employé mais… Il faut lui pardonner.

Quand même, mon Gérard, au risque de te paraître désagréable, j’ai peur que tu regrettes ton départ. C’était peut-être un rien précipité. Les choses ne vont pas vraiment dans ton sens ici. Partout dans le pays, on voit de formidables élans de solidarité ! Les travailleurs cèdent presque spontanément de leur pouvoir d’achat ! Est-ce que tu as vu un salarié au SMIC, dans la presse, dire, je suis trop taxé, je m’en vais ? Pas un seul !

Mon François avait annoncé dans son programme qu’il allait mettre le paquet sur les PME ! Oh ! Quand il dit quelque chose, mon François, il dit quelque chose ! Il nous a gâté ! Les dividendes sont maintenant taxés à plus de 90%. Est-ce que tu as vu un petit gérant de PME, dans la presse, dire, houlala, je suis taxé à 90%, je m’en vais ! Clac !? Non. (c’est le bruit de la porte qui claque) Pas un seul.

Sur les 2,5 millions de gérants de PME, qui représentent 55% de l’emploi en France, il n’y en a pas un qui bronche.

Tu sais pourquoi, mon Gérard ? Des gens mal intentionnés diront que c’est parce qu’on n’a pas les moyens de partir. Les gens sont perfides. La vérité, c’est parce qu’on sait que mon François, il nous prépare quelque chose de bien.

Il le sait que l’industrie est moribonde et que l’avenir de l’emploi réside dans les sociétés de service qui ne peuvent pas être délocalisées. Il le sait que les PME ont une souplesse et une réactivité incroyables. Il le sait qu’il faut favoriser la création d’entreprises, accompagner l’ambition, encourager l’esprit d’initiative.

Il le sait et c’est pour ça qu’il veut des gens motivés et désintéressés !

La SARL, par exemple, a été crée pour protéger l’entrepreneur : Société À Responsabilité Limitée. Ça signifie qu’en cas de faillite, le patrimoine du gérant est épargné. Depuis longtemps pourtant, les cautionnements bancaires pour les prêts accordés à une société stipulent que le remboursement pourra se faire, si la société est en défaut de paiement, sur les revenus et les biens du gérant.

Les gérants non salariés n’ont pas le droit au chômage. C’est normal, ils ne cotisent pas.
Les gérants salariés n’ont pas le droit au chômage. Ils cotisent, mais c’est comme ça.

Bref, pour entreprendre, il faut accepter le risque. C’est important de savoir, avant de commencer, qu’en cas d’échec, personne ne nous soutient.

Dans sa carrière, l’entrepreneur est amené à rencontrer un certain nombre de personnes, liées à l’administration, qui l’aident à faire prospérer son entreprise en le débarrassant de soucis mineurs pour lui laisser le temps de faire son travail : URSSAF, caisses de retraites et de congés payés, inspection du travail, médecine du travail, DDASS, devenue ARS, DGCCRF, impôts, prudhommes, etc.

Bref, je pourrais t’en écrire des pages, mon Gérard, sur le risque au quotidien, sur le stress, sur la responsabilité, sur les soucis liés à l’emploi et au management… J’imagine comme tu es loin de ça, d’autant plus maintenant. Ce que je veux te dire, c’est que mon François, qui est un visionnaire, pense, et nous montre aujourd’hui, que tout ceci ne vaut rien sans un total désintéressement pécuniaire.

C’est d’une incroyable beauté ! Mon François est en train d’essayer de faire prendre conscience à l’ensemble du peuple français, que l’argent ne fait pas le bonheur !  Je ne sais pas si tu te rends bien compte de la portée de la chose, mon Gérard.

Mon François est en train de prendre une longueur d’avance sur la prochaine étape de l’évolution de l’Homme !

Personne ne peut nier le bien fondé de l’affirmation. Tout individu normalement constitué, ayant acquis un niveau de conscience respectable, sait, en son for intérieur, que l’argent perverti les cœurs et qu’il n’est en rien utile à l’épanouissement de l’âme. Mon François est en train d’essayer d’élever les consciences ! Rien que ça !

Des gens mal intentionnés diront que les formes n’y sont pas, que ce n’est pas clair, que la société n’est pas organisée pour ça, que ce n’est pas réaliste, que pour qui il se prend, que c’est trop tôt, que c’est démago, que nous ne sommes pas prêts, que c’est bien joli mais que quand on travaille pour pas pouvoir se loger…
Les gens sont mesquins, mon Gérard.

Je regrette que tu ne sois pas là pour assister à ça. Ce serait bien que tu reviennes. En plus, quand mon François ne sera plus là pour tenir les rênes, et que tout le monde aura plus ou moins appris à être heureux, je redoute la réaction des esprits les plus retors, comme en 36… Tu raterais alors une occasion de partir pour une bonne raison.

J’ai aussi invité mon François à passer à la boutique. Avec un peu de chance, si tu viens, tu pourras le croiser et vous pourrez vous rabibocher devant un beau bouquet de roses.

Allez, mon Gérard, sois gentil avec les Belges ! Chez eux aussi, il y a des gens biens.

Bisous

Clac !

Boris

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1 commentaire

Classé dans Actualités, Correspondance

Une réponse à “Lettre ouverte à Gérard Depardieu

  1. ade

    Bonjour,
    Ceci n’est pas un commentaire, mais je ne vois pas de moyen de vous contacter par e-mail…
    Simplement pour dire merci, concernant mon blog, et votre appréciation semble-t-il positive. C’est gentil à vous… Ceci dit cela fait bien longtemps qu’il est abandonné ! Mais merci quand même.
    En passant, vous écrivez plutôt bien, de ce que j’ai pu lire. Je ne suis pas sûre d’être tout à fait en accord avec vos propos, mais ma migraine a du mal à convertir les seconds degrés en termes compréhensibles donc je ne m’avancerai pas davantage. Mais bref, vous écrivez bien. Je vous souhaite d’en faire quelque chose de bien, de ce talent.

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