Sprits, ou l’éveil des consciences

Chaque jour amène son lot de nouveaux scandales alimentaires. Certains éclatent au grand jour, ce qui nous laisse supposer que d’autres sont tus. Le veau aux hormones. La vache folle. Le poulet à la dioxine. Les poly-phosphates. Le bisphénol A (celui-là, il va faire très mal, quand on sait que chez les rats, il a des incidences sur les comportements sociaux jusqu’à 4 générations). Les OGM. Les traiteurs chinois. La viande avariée de Buffalo. Le caca d’Ikea. Le boeuf au cheval. Le miel artificiel. Une fois, j’ai même trouvé une pièce de 20 centimes dans un kebab.

Je ne parle même pas de Monsanto, du pillage des ressources de la planète, du suicide de ces milliers de paysans indiens, de la destruction de la forêt amazonienne et des peuples qui y vivent, de l’appauvrissement des sols, de la disparition des abeilles… Ça, c’est juste le petit plus qui nous fait battre le coeur un petit peu plus vite quand on y pense, qui fait serrer les poings, froncer les sourcils et qui nous donne des envies subites, comme celles d’une femme enceinte, irrépressibles, d’énucléation de testicules de législateur.

Quand on a été élevé comme moi, à coups de scandales alimentaires, on a le sentiment que plus rien ne peut nous étonner. On s’imagine que, bien avant la fin du Monde, dans seulement quelques générations, les femmes devront se démerder sans les hommes pour se reproduire, que les enfants à naître seront tous autistes et qu’ils mangeront du Soleil Vert.

On s’habitue à vivre avec sur la poitrine le poids de notre culpabilité. Parce qu’on se comporte comme des victimes mais parce qu’on sait, au plus profond de moi-même en tout cas, qu’en ne faisant rien, on est complice.
On s’habitue à vivre avec dans le sang le bouillonnement de la colère et de la frustration. Parce qu’on aimerait qu’il existe une solution simple, pacifique ou non, mais efficace; parce qu’on se sent seul, aussi impuissant que vulnérable et qu’on attend le soutien de toute la planète avant de lever un doigt, parce qu’on n’a pas le goût du sacrifice. Combien d’hommes faut-il pour en empêcher deux ou trois, armés de lames, de crasher un avion dans une tour ? Moi aussi, je me serais sans doute laissé mourir.
On s’habitue à vivre avec au fond de l’estomac la bouillie mêlée de la bile qu’on se fait et de la becquée infecte qu’on nous file. Parce qu’on n’a pas le choix, on est lâche.

Aujourd’hui, j’ai décidé de changer.

Vous allez me dire que je commence petit mais ce n’est qu’on début. Ce que je viens de re-découvrir aujourd’hui me scandalise ! Et je vais commencer par demander publiquement des explications à tous les responsables de cette mascarade qui n’a que trop duré ! Aujourd’hui, j’accuse ! Le mania belge du biscuit alsacien, le sinistre Delacre !
De me prendre pour un con.

transp300

sprits

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3 Commentaires

Classé dans Actualités, Récits

3 réponses à “Sprits, ou l’éveil des consciences

  1. C’est con, j’ai presque cru à un vrai engagement !!!
    Mais je suis ok avec toi, c’est un scandale !!!

  2. Anne-Sophie

    Moi aussi je suis avec toi ! Je sais pas pourquoi mais je te suis ! C’est bien celui qui râle le plus fort auquel il faut faire confiance hein, c’est ça ? Mais tu m’expliquera quand même d’accord ? Que je passe pas trop pour une conne quand même…

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