Petites Absences et Grosses Fatigues

Te souvenir le lendemain d’un retour de vacances, au moment d’aller au boulot, que le jour où tu es parti, tu as laissé ta voiture à la gare, à 3,5 km et que vu qu’elle n’est pas là, elle doit y être encore.

T’arrêter à un stop et pendant un temps plus ou moins long, en fonction de ton état, attendre qu’il passe au vert.

Dire “Ça va et toi ?“ alors qu’on t’a juste dit salut.

Sortir d’une pièce pour aller faire quelque chose. Y retourner 10 minutes plus tard pour essayer de te souvenir de ce que c’était.

Avoir l’habitude de te scotcher deux doigts ensemble pour te souvenir de faire quelque chose d’important. Regarder deux de tes doigts scotchés et essayer de te souvenir ce qui pouvait bien être si important.

Chercher le nom d’un acteur. Te souvenir d’un de ses films. Chercher le titre du film. Te souvenir du réalisateur. Chercher le nom du réalisateur. Te souvenir d’un autre film du même réalisateur avec un autre acteur. Chercher le nom de l’autre acteur.

Persister à essayer de retrouver tout ce petit monde et commencer à redouter Alzheimer. Ou dire oh et puis merde et laisser tomber.

Crier le nom d’un acteur sans raison apparente.

Regarder 4 de tes doigts scotchés. Essayer de te souvenir si tu l’as fait deux fois pour la même chose par inadvertance ou si c’était bien pour deux raisons différentes.

T’arrêter à un feu vert.

T’en rendre compte seulement à l’orange.

Prendre la décision de passer quand même, au rouge.

Essayer d’expliquer au flic pourquoi tu as les doigts des deux mains scotchés.

Pendant qu’il dresse le procès verbal, avoir le regard dans le vague et dire le nom d’un réalisateur, sans aucune raison apparente, d’un air las.

Essayer la reconnaissance vocale de ton téléphone portable pendant une insomnie à 4 heures du matin. Dire “Mamie“ tout en sachant éperdument que ça ne marchera pas. Entendre une voix endormie dire allo.
Lire “MAMIE appel en cours“. Raccrocher.

Recommencer avec un autre membre de la famille.

Fatigue, stade 1 : Oublier un rendez-vous. Dire qu’on a oublié. S’excuser.

Fatigue, stade 2 : Oublier un rendez-vous. Râler qu’on a été retardé à cause d’une histoire de flic et de scotch. Ne pas s’excuser. C’est de la faute de ces cons.

Fatigue, stade 3 : Oublier un rendez-vous. Engueuler l’autre d’avoir choisi une heure tordue impossible à retenir et surtout aussi peu pratique.

Fatigue, stade 4 : Oublier un rendez-vous. S’en foutre comme de l’an 40. Le dire ouvertement.

Fatigue, stade 5 : Oublier un rendez-vous. Définitivement.

Ouvrir la porte des toilettes pour prendre le beurre ou le lait.

Appeler Robert, attendre qu’il décroche, dire “Salut Boris, c’est Robert !“

Ressortir des toilettes après avoir constaté qu’on n’avait rien à y faire.

Sortir de chez toi avec un truc à la main. Rentrer chez toi pour y prendre un deuxième truc que tu avais oublié. Poser le premier truc. Trouver le deuxième truc. Chercher le premier truc.

Expérimenter de multiples variantes.

Celle consistant à claquer la porte en laissant les clés à l’intérieur étant de loin la plus fun.

Constater que tes encombrants que tu as déposés sur le trottoir deux jours plus tôt sont toujours là. Rentrer tes encombrants. Le soir tard pour que personne ne sache que c’est à toi tout ce merdier. Attendre trois mois qu’ils repassent.

Prendre conscience que ça fait deux ans que tu loupes consciencieusement chaque passage des encombrants.

Rentrer ton conteneur à poubelles chez toi et constater que tu en as deux. Ramener son conteneur à ton voisin. Ou pas.

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3 Commentaires

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3 réponses à “Petites Absences et Grosses Fatigues

  1. Merde je suis au stade 4

  2. Anonyme

    Par souci d’originalité, je préfère laisser mes clés sur la porte, à l’éxtérieur, et partir en vacances pendant une semaine; ça me permet de vérifier que j’ai des voisins honnêtes et un mec qui m’aime assez pour ne pas me faire enfermer….

  3. Ouvrir le placard à balai pour prendre le lait. Au moins ça rime !
    Sinon y a aussi alors qu’on est au lit, entamer un dialogue avec quelqu’un la nuit ( dans sa tête hein, pas en vrai) décider de compter les moutons pour cesser de dialoguer, se retrouver en train de discuter avec quelqu’un d’autre et s’exclamer  » mais où sont passés les moutons ?  » Et en rire. Je sais pas si c’est clair…

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